À Aix, des locataires voient leurs meubles lancés par la fenêtre

Un appartement vidé à coups de meubles jetés par la fenêtre : ce n’est pas une scène de cinéma, mais le quotidien brutal vécu récemment par la famille Saint-Pierre à Aix. Après la résiliation du bail par la tutrice du père, deux personnes sont intervenues pour vider les lieux de façon expéditive. Les voisins et l’association des locataires n’en reviennent toujours pas. La scène, racontée par Bernadette, une voisine attachée à la famille depuis deux décennies, a de quoi laisser pantois : « Des hommes avaient reçu pour ordre de tout jeter par la fenêtre », résume-t-elle, encore choquée. Impossible de détourner le regard face à de telles méthodes. Les habitantes présentes ce jour-là n’ont pas mâché leurs mots pour dénoncer ce déballage sans ménagement.

Une nouvelle épreuve

Pour Cynthia Saint-Pierre et son frère Dylan, la suite des événements ressemble à un mauvais rêve qui refuse de s’arrêter. Leur père, victime de deux AVC, a été placé sous tutelle puis transféré en foyer-logement en juin. Les jeunes adultes, à peine sortis de l’adolescence, habitaient toujours l’appartement familial. La tutrice, elle, a tranché : le bail est résilié, le préavis serait parti le 17 août. Mais à peine un mois plus tard, le 17 septembre, l’état des lieux était déjà programmé, et le service de tutelle n’a pas attendu cette échéance. Une benne a été apportée en urgence pour un déménagement Aix en Provence express des affaires de la famille. Autour de l’immeuble, l’incompréhension domine. « Ils ont jeté un frigo encore rempli de nourriture », s’indigne une voisine. Bernadette raconte avoir dû intervenir pour éviter que la totalité des effets personnels ne s’envole littéralement par la fenêtre. L’indignation est palpable, la méthode, radicale.

Un délai accordé

La procédure a finalement été stoppée, mais pas avant qu’une odeur tenace n’envahisse la cour, émanant de la benne pleine d’objets et de restes alimentaires. Les deux voisines, outrées, n’ont pas attendu pour agir : elles ont commencé à chercher des solutions pour que Cynthia et Dylan sortent de cette impasse. L’été déjà, un dossier avait été constitué auprès de 13 habitats, dans l’espoir de transférer le bail ou d’obtenir un nouveau logement.

Mais tout s’est accéléré. Le bailleur social a découvert la situation sur le tard, n’ayant pas été prévenu par le service de tutelle du déménagement précipité. Face à l’urgence, il a accepté de revoir le dossier. L’état des lieux a été annulé, et 13 habitat a finalement accordé un répit à la fratrie : ils disposent désormais d’un mois pour fournir les documents nécessaires. Une courte trêve, suspendue à la bonne volonté de tous, le temps que les Saint-Pierre tentent de sauver ce qu’il leur reste, leur toit, et un peu de dignité. Qui saura dire, dans quelques semaines, où ils pourront reposer leurs valises ?

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